Pour en revenir à Enra, elle était préoccupée par une discussion qu'elle avait surprise lorsqu'elle s'était rendue au siège du gouvernement, pour délivrer une lettre de Maria, chez qui elle vivait depuis le décès de sa mère, a l'un des secrétaires du gouvernement. C'était une conversation entre le comte Delenoir (l'un des deux sorciers siégeant au gouvernement) et deux fées, à qui il avait l'air de donner des ordres. Le comte ordonnait aux deux fées de retrouver des pierres, dont il avait expressément besoin disait-il. Il ajouta même que pour cela, ces dernières étaient autorisées à tuer. Mais Enra n'arrivait pas à comprendre. Ne lui avait on pas dit et redit que le jeune comte Delenoir, doté d'une beauté et de pouvoirs exceptionnels ne tarderait pas à remplacer la vielle Lérile Duchantix au poste de grand mage ? Si c'était le cas, et que ce personnage si extraordinaire venait à donner d'autres ordres dans ce genre là, le pays se trouverait alors avec un assassin pour chef !
- 1 -
Mais non, songea t- elle, c'était impossible, le comte était sûrement la meilleure chose qui pouvait arriver au pays, une fois la veille fée décédée.
Enra avait du se trompé.
Quelque peu rassurée par cette idée, elle décida de rentrer chez elle et se promit de tout raconter à ses amis le lendemain.
Enra vivait dans un petit appartement au-dessus du bar que tenait Maria, cette bonne femme qui l'avait accueillie douze années au par avant, après la mort de sa mère. C'était un appartement qui comportait deux chambres, une salle de bain, une petite cuisine et un salon très chaleureux avec sa grande cheminée. La salle du bar, quant à elle, était en majeur partie faite de bois, du plafond jusqu'au sol, en passant par les tables, les chaises et le grand comptoir qui faisait face a la porte d'entrée.
Et c'était justement derrière ce comptoir qu'Enra, entrain de servir deux voyageurs, se trouvait, au moment où entrèrent ses trois meilleurs amis. Théo, Max et Lisa se situaient dans l'encadrement de la porte, et lui lançaient des sourires radieux.
Théo était un jeune garçon ordinaire, avec des cheveux châtains et des yeux assortis, qui n'était ni très bon à l'école, ni très bon en sport, mais qui possédait un sourire charmeur et une allure désinvolte qui aurait fait fondre n'importe qui, si Théo avait eu plus confiance en lui.
Lisa, elle, une ravissante jeune fille, aux cheveux d'un noir lumineux et aux yeux bleu océan, était passionnée de magie antique (l'une des matières enseigner au collège) ce qui, même si elle était un peu moins douée en magie qu'Enra, lui apportait un avantage considérable sur cette dernière. Mais par-dessus tout, c'était sa beauté qui faisait d'elle quelqu'un d'aussi populaire au collège. Elle avait beaucoup de petits amis et beaucoup d'amis tout courts d'ailleurs, mais pour elle les seuls qui comptaient réellement, étaient ses meilleurs amis, Max, Théo et Enra, a qui elle tenait plus que tout au monde.
Max, pour sa part, avait les cheveux aussi blonds que ses yeux étaient noirs. Il avait un corps de sportif, qu'il avait acquéri durant ces longues années passées à jouer au ballon magique. Le ballon magique était un mélange entre le football et le handball sauf que le ballon étant magique, il ne suffisait pas de tirer la balle au pied ou à la main pour la faire rentrer dans les cages, il fallait utiliser le control mental pour transférer la force physique sur le ballon, sans le toucher, qui se dirigeait alors vers les cages, où il devait tenter de tromper le gardien, qui utilisait également la force mentale pour le repousser, et pénétrer dans les buts. C'était un exercice très compliqué, qui nécessitait à la fois une force mentale et une force physique très développée.
Enra et ses amis, s'installèrent à une table quelque peu isolée par rapport autres, et elle leurs raconta toute la conversation qu'elle avait surprise la veille.
Max et Théo parurent étonnés et même choqué, mais Lisa, à la grande stupéfaction des autres semblait trouver ça tout naturel.
-Et ben quoi ? dit elle, devant le regard stupéfait de ses amis. C'est un homme riche non ?
- 2 -
-Et alors, c'est quoi le rapport ? répliqua Max
-Alors il ne vous est pas venu à l'esprit qu'un lutin des ténèbres (le lutin des ténèbres étant une créature magique qui adorait volé des choses, même affreuse, rien que pour embêter son propriétaire) ait pu lui voler des pierres précieuses et qu'il veuille les récupérer ?
-Donc selon toi, un homme aussi riche que lui, irait jusqu'à lancer deux fées à la poursuite d'un malheureux lutin pour quelques pierres précieuses ?
-Il ne s'agit peu être pas de quelques pierres précieuses mais d'un véritable de trésor ! Rétorqua Lisa, d'un ton exaspéré.
Max et Lisa s'étaient à présent lever de leurs chaises et se faisaient face. Ils allaient encore se lancer dans l'une de leurs interminables disputes.
-Mais même s'il s'agissait d'un véritable trésor, tu crois vraiment que c'est des fées qu'il enverrait ? Ce n'est pas plutôt le travail d'un lutin du bien de combattre un lutin des ténèbres ?
- ON EST MEME PAS SUR QU'IL S AGISSE BIEN DE FEES ! répondit Lisa qui hurlait à présent.
Théo, sentant que Max allait se mettre à hurler à son tour intervint.
-Ça suffit tout les deux ! Tout le monde nous regarde ! Rasseyez – vous !
Max et Lisa hésitèrent. Mais après s'être envoyé un regard féroce, ils consentir à s'asseoir et à se calmer.
-Bien, Enra est ce que tu es sure qu'il s'agissait bien de fées ?reprit il, comme s'il ne s'était rien passé.
-Oui, leurs ailles n'étaient pas cachées.
-Et est ce que tu sais si c'était des fées du bien ou bien des fées des ténèbres ? S'empressa t-il de demander avant que Max n'est eu le temps de lancer une réplique cinglante à Lisa.
-Non, tu sais bien que tout comme les lutins et les génies, il est impossible de différencier celui du bien de celui des ténèbres, tant qu'ils n'ont pas utilisés leurs pouvoirs. Répondit-elle.
- De toute manière, qu'est ce que ça peut faire ? On ferait mieux de s'occuper de nos affaires ! Fit remarquer Lisa.
-A oui. Et de quel genre d'affaire? Interrogea Max agacé.
- Je ne sais pas moi, la rentrée ! répondit Lisa qui sentait la colère remonter en elle.
- C'est vrai que la rentrée c'est lundi ! s'exclama Théo. C'est-à-dire dans...
- Deux jours ! S'écria Enra. J'avais oublié
Lisa avait dit vrai. Ses amis et elle, devaient en effet, débuter leur quatrième et dernière année au collège d'Andromeda, l'an prochain ils devront tout les trois s'inscrire dans une école pour apprentis sorciers où ils passeront trois ans, avant d'en ressortir avec peu être un diplôme. Car pour l'instant, sorciers, magiciens, alchimistes et fées étaient tous mélangés dans un collège de magie « générale ». Ils choisiront ensuite qu'elles études ils voudront poursuivre, que ce soit dans les universités humaines (sur terre) ou bien avec un maître c'est-à-dire un sorcier, une fée, un magicien, ou un alchimiste qui prendront en charges leurs apprentissage, pour choisir ensuite un métier.
- 3 -
Le collège d'Andromeda se situait dans le centre ville, et était protégée par une barrière magique. Chacun se rendait jusqu'au portail du collège avec le moyen de transport qui lui plaisait, les voitures et autres machines à moteur n'étant pas acceptées en Lirisa, les habitants privilégiaient les diligences ou tout simplement les animaux, qu'ils soient terrestres comme les chevaux, ou aériens comme les aiglaures (gigantesques aigles domestiqués).
Enra, elle, s'y rendait à pied puisque l'école se trouvait non loin du bar, mais Théo et Max était obligés de prendre une diligence, alors que Lisa y allait a cheval.
Lorsque Théo, Max et Lisa eurent pris congé, Enra se dirigea vers sa chambre et s'allongea sur le lit. Cette pièce était petite, lumineuse avec sa grande fenêtre et était toute peinte de jaune très clair. Les meubles, c'est-à-dire une petite table qui servait de bureau et sa chaise assortie, une armoire, une coiffeuse et une table de chevet, étaient, tout comme le lit, faits de bois. Et même si elle était simple, Enra aimait beaucoup sa chambre. Sur la petite table de chevet, elle avait posée une photo de sa maman, dont elle avait héritée les cheveux blonds et bouclés, mais qui, contrairement à elle, avait de grands yeux gris-bleu. Elle pouvait y passer des heures à réfléchir et c'est d'ailleurs ce qu'elle était entrain de faire en cet instant. Mais ce n'était plus le comte Delenoir qui la tracassait, et encore moins les pierres, c'était le fait que c'était sa dernière année au collège, ensuite il faudrait affronter l'école des sorciers et entrer dans la cours des grands. Pourtant Enra était une très bonne élève et elle n'aurait aucun mal à trouver n'importe quel travail dans n'importe quel domaine, mais elle avait peur de ne pas être à la hauteur. Et puis touts ses amis, fées, magiciens et alchimistes iraient chacun dans des écoles différentes et ils ne se verraient plus. Qu'elle était stupide ! Comment pouvait-elle avoir peur de mûrir, alors qu'elle n'avait peur de rien ! Il faisait nuit à présent. Enra se mit en pyjama et alla se coucher en essayant d'oublier toutes ces histoires.
Le lendemain matin, elle fut réveillée par des coups à la porte et un grincement qui lui fit comprendre qu'on venait d'enter dans la chambre. Elle ouvrit les yeux et vit Maria, qui s'occupait d'ouvrir les volets. Maria, était une femme ronde, d'âge mûr, avec des chevaux roux et bouclés, presque entièrement cachés par le foulard qu'elle avait sur la tête, et des yeux d'un noir persan qui fixait à présent Enra.
-Bonjour ma chérie. Bien dormie ?
-Oui, a peu près .... Répondit la jeune fille en bayant.
- Dans ce cas est ce que tu voudrais bien descendre t'occuper du bar pendant que je fini le ménage en cuisine ? Je t'apporterai ton petit déjeuner en bas.
- Ok j'arrive.
- Merci.
Et Maria redescendit en fermant la porte derrière elle. Enra adorait Maria. C'était sa seule famille. Elle n'avait jamais connue son père et était toute petite lors de la mort de sa mère. Quant à son frère, Kyle, il avait huit ans de plus qu'elle, et était parti de la maison à l'âge de douze ans, pour ce lancer dans des trafics pas très clair, et même si elle ne s'en rappelait plus beaucoup, Enra lui en voulait de l'avoir laissée, seule et sans explications. De plus, elle était sur que ce dernier savait des choses sur la mort de leur mère. C'est pourquoi la jeune fille était décidée à montrer à cette
- 4 -
femme qu'elle adorait, à quel point elle lui était reconnaissante, en l'aidant de son mieux. Elle se hâta donc de s'habiller et descendit.
Lorsqu'elle arriva dans la salle du bar, elle vit un couple d'alchimistes à l'une des tables, qui prenaient leur petit déjeuner, et put constater que le sien se trouvait déjà sur le comptoir.
Elle avait déjà fini son croissant et ses tartines quand un homme franchit la porte d'entrée. Il avait l'air à peine plus jeune que Maria et avait également les cheveux roux, mais possédait de magnifiques yeux verts. Il jeta un coup d'½il autour de lui, puis s'avança vers le comptoir où se trouvait Enra.
- Bonjour, dit-il avec un grand sourire, pourrais-je avoir une chambre et une table pour le petit déjeuner ?
Enra ignorait pourquoi, mais cet homme l'intriguait beaucoup. Tout d'abord, elle n'arrivait pas à déterminer de quelle communauté magique il venait. Il n'avait pas l'air d'avoir d'ailes, mais elles pouvaient être bien cachées sous son pardessus, il ne semblait pas non plus posséder de baguette magique, mais peu être qu'il ne l'avait tout simplement pas avec lui, il avait l'air un peu trop jeune et sympathique pour être un alchimiste, dont la formation était longue et difficile, et enfin elle connaissait la plupart des sorciers de la ville mais ne l'avait jamais vue. Mais bien sûr tout cela ne voulait rien dire.
- Oui, pour combien de temps la chambre ? Interrogea la jeune fille poliment.
- A vrai dire je ne sais pas trop... peu être un mois.
- Ah ... euh... très bien répondit-elle, quelques peu interloqué. Voilà les clefs de la chambre 3. Quand à votre petit déjeuner, choisissez la table que vous voulez je viendrai prendre votre commande.
- Merci beaucoup mademoiselle.
Elle l'accompagna jusqu'à sa table, où elle prit sa commande, qu'elle apporta à Maria en cuisine. Puis, amena l'addition au couple d'alchimistes. Elle se redirigea ensuite vers la cuisine pour aller chercher le petit déjeuner de cet homme qui l'intriguait tant, et leurs regards se croisèrent. Elle sentit des frissons lui remonter dans le dos et accéléra le pas jusqu'à la cuisine. Pourquoi cet homme lui faisait un tel effet ?